14/11/2013

Fellini Roma

a fel 3.jpgFELLINI ROMA

Fellini Roma sort en 1972, sur un scénario cosigné par Fellin et Zapponi. On y voit passer, dans leur propre rôle, Fellini, Mastroianni, Anna Magnani, Alberto Sordi ou Gore Vidal. C'est Peter Gonzales Falcon qui incarne Fellini jeune, débarquant dans Rome. Le film n'a pas d'exemple à quoi se comparer. Il est conçu comme une parure baroque somptueuse, réalisée élément après élément, dans un mouvement d'assemblage progressif vertigineux et splendide. Pétale après pétale, la monstrueuse et sublime fleur romaine selon Fellini éclot sous nos yeux épatés et incrédules. Fellini nous montre d'abord comment entrer dans Rome, d'abord dans le temps de sa jeunesse, ensuite dans la Rome embouteillée et formidablement bordélique d'aujourd'hui. Un cheval galope sur l'autoroute, dans la tempête, la caméra du Maestro s'invite aux hublots des voitures prises dans le bouchon phénoménal. Rome de sa jeunesse ou Rome d'aujourd'hui mais Rome invariablement fellinienne, démesurée, splendide, festive, gourmande, hétéroclite, putassière, loquace, démonstrative. Une humanité bariolée et extraordinaire, touchante et caricaturale, expressive et séduisante, sensible et excessive fait faune et flore à la cité. Les tableaux felliniens, avec quelque chose d'un Jérôme Bosch qui aurait appris l'embonpoint et le rire, réjouissent. S'en suit, dans le temps des bombardements, un spectacle de music-hall dans une salle romaine avec autant d'attractions dans la salle que sur la scène. Trivialités, instants de grâce, bêtises et farces, grandeur et misère du music-hall. Quelque chose de chaleureux et d'espiègle flotte sur cette marmite théâtrale. Le drame et le danger sont embusqués derrière la farce. Grande rotation carnavalesque. Le percement du métro dans le sous-sol romain révèle des fresques somptueuses du passé que le vent d'aujourd'hui, un immense courant d'air, met à mal et efface. Puis, dans ce mouvement pendulaire, nous revoici à l'époque du fascisme devant la parade féminine dans un gigantesque bordel romain. Pompes et œuvres du grand cirque putassier; des femelles en démonstration devant de patientes ouailles masculines en admiration. Rencontre du perdreau de l'année et de la gagneuse aguerrie, du provincial et de la ville qui respire à fond les poumons et les gaz carboniques. Tout y est vraisemblable, parfois presque vrai, tout y est totalement, radicalement fellinisé. Une Roma fellinisée de fond en comble. Avant de nous montrer les hippies et les motards errant devant les somptueuses traces et les beaux vestiges du passé, Fellini conçoit un défilé de mode ecclésiastique inoubliable et hilarant. L'église et la séduction, intimement liées ? Le film présente une des plus belles suites de tableaux (au sens pictural du terme) de l'histoire du cinéma.

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http://www.youtube.com/watch?v=uF9oUf-1RoI

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