17/08/2013

Prova d'orchestra

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PROVA D'ORCHESTRA 

Ce film de Fellini, "Répétition d'orchestre", est sorti en 1978 sur un scénario du cinéaste et de Brunello Rondi. Avec Balduin Bas (chef d'orchestre), Clara Colosimo (harpiste), Elisabeth Labi (pianiste) ... La musique est de Nino Rota.

Un orchestre répète dans un lieu marqué par les effets du temps et menacé de destruction. Une équipe de télévision en reportage interroge successivement les musiciens. Chacun juge que son instrument est le plus expressif, le plus sensible, le plus ... indispensable. Le chef d'orchestre, autoritaire et un peu méprisant, arrive, prend solennellement place au pupitre, impose sa vision et use de l'orchestre comme d'un instrument. La révolte couve et gronde. Mais par-dessus ce tumulte intestin, au-delà de ces mésententes et de ces mouvements d'humeur, les coups sourds de l'anéantissement de l'auditorium se font entendre. Réflexion vertigineuse sur le pouvoir, sur la coopération, sur le sens du groupe, sur les griefs de l'individu et les exigences du travail en équipe, sur les humanités disparates et divergentes qui fondent le groupe, réflexion sur le sens de l'art, la menace qui pèse sur lui, réflexion sur la nécessité du désordre, du conflit et de l'ordre. Réflexion sur le principe télévisuel de captation brute, spectaculaire, inintelligente des sentiments de chacun. Fellini, dans ce film court et conçu pour la télévision, entreprend de marcher au bord de l'abîme, d'avancer son cinéma là où le danger est réel. Il en résulte une oeuvre pointue, pertinente, incontournable. 

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La musique du film par Nino Rota : http://www.youtube.com/watch?v=SXK4GFKXIgc

Un extrait du film : http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/coffret-fell...

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10/08/2013

La Cité des Femmes

A fellini citdesfemmesgc4.pngLa Cité des Femmes

Grand poème onirique, La Cità delle Donne est une oeuvre cinématographique de Fellini sortie en 1980. Le scénario est co-signé par Fellini, Bernardino Zapponi, Paula Mitchell et Brunello Rondi. La musique est de Luis Bacalov. Pour la distribution : Marcello Mastroianni (Snaporaz), Anna Prucnal (Elena Snaporaz), Bernice Stegers (l'inconnue du train), Ettore Manni (Katzone, le séducteur trivial)... 

Le film s'ouvre sur le voyage ferroviaire de Marcello Snaporaz. C'est l'origine du rêve ferroviaire de Marcello, un long rêve tout au long duquel cet amoureux éperdu de la femme (Mastroianni est plus que jamais le double du maestro) va confronter son goût, son amour et son désir d'elle à sa grande angoisse devant la libération féminine. Dans le train, Snaporaz fait la rencontre d'une belle créature mystérieuse qui le séduit, le dévoie : elle le sort du chemin qu'il emprunte en compagnie de son épouse, elle le ravit à la voie. Elle l'entraîne dans un immense labyrinthe qui conduit en un gigantesque hôtel où se tiennent les assises d'un grand congrès féministe. C'est le début d'un étrange voyage intérieur où l'homme est amené à confronter ses phantasmes et les points d'or de sa mémoire aux convulsions anarchiques et brutales de la réalité. Plus vraie que jamais cette affirmation selon laquelle un train en cache un autre, un convoi d'autres.

Un extrait du film : http://www.dailymotion.com/video/x13h37_la-cite-des-femme...

La bande-annonce du film : http://www.youtube.com/watch?v=t5kvc0HzkzY

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27/07/2013

E la nave va - 1983

Fed Fel et vogue.jpgE la nave va 

Sur un scénario de Fellini et Tonino Guerra, ce film-opéra est sorti en 1983. L'affiche est trop vaste pour être retranscrite. Je joindrai un lien qui permet de consulter le casting. On est sur le seuil du désastre de la première guerre mondiale, la grande, la monstrueuse, la préférée de Brassens-le-cynique. Une croisière funèbre prend la mer à bord du Gloria N., un paquebot de luxe, avec pour objectif d'aller disperser au large d'une île les augustes cendres d'une cantatrice célèbre. A bord, une foule fellinienne prend place : un imposant gratin lyrique, des musiciens, une faune sophistiquée, excentrique et décadente, un grand duc (pas l'oiseau, un aristocrate) avec sa cour, un sombre et massif rhinocéros (qui attise la curiosité, l'étonnement et engendre des théories d'interprétations : fossile vivant, animal d'Ionesco, grosse carcasse de la savane bouillante dépaysé sur les flots, virilité, féminité, carapace et cuirassé, rusticité antédiluvienne affrontée aux sophistications lyriques, animal à tête de proue, bateau terrestre, etc.). Des naufragés serbes vont trouver refuge à bord du bateau et leur allègre musique populaire va rencontrer la grande musique... Ce paquebot-Cinécittà serait bien une métaphore d'une grandeur de l'art cinématographique en péril de naufrage. Le cinéma prend-il ici le pouls du cinéma ? A partir de Huit et demi, toute oeuvre de Fellini est aussi une réflexion profonde, inventive, courageuse, souvent douleureuse sur la création et le cinéma. Mais un livre ne suffirait pas à épuiser tout ce que le film suggère en commentaires, en interprétations, en analyses. Le propos est quoi qu'il en soit une cérémonie funéraire et c'est une grande voix que l'on va disperser, non pas enterrer, mais enliser dans l'eau. L'oeuvre fellinienne est un modèle d'ambiguïté. Ce qui échappe à l'ambiguïté refuse la liberté. 

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Quelques liens pour identifier la distribution et approfondir le propos du film: 

http://www.federico-fellini.net/filmo/filmo322.htm

http://www2.cndp.fr/TICE/teledoc/dossiers/dossier_etvogue...

Un extrait : 

http://www.youtube.com/watch?v=RPD3NZGf3Lc

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